11.08.2007

La petite voix de la politique

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Monseigneur Lustiger est mort et c'est un saint homme qui nous quitte. Que fait-il dans un blog politique, allez vous me dire? Il est ce que tout prêtre est pour l'être politique qui se double d'être de convictions spirituelles: la petite voix. Il était là pour rappeler que même dans le cadre de la laïcité, il fallait être chrétien dans chacun de ses actes, ne jamais en avoir honte, ne jamais se faire honte et de rester dans le désir de Dieu. Il savait rassurer et ouvrir les bras, il refusait les tensions et chaque message qu'il envoyait était un message de rassemblement et d'espoir. Ses messages nombreux constituaient bien une politique de l'intime, un esprit de miséricorde et de justice qui se pose comme une petite voix derrière l'oreille  et pose les bonnes questions : Que dois-je à l'autre, que dois-je à mes enfants, que dois-je à la terre et à mon pays, comment faire le meilleur chaque jour, comment faire face aux désastres. Des questions bien politiques. Que cette voix au-delà de la mort continue de faire le lien entre notre oreille et notre coeur, entre notre coeur et l'esprit.

26.07.2007

RERUM NOVARUM III - Les dits du pape Léon

Ce cher Saint Léon (dit le grand), ce grand pape (460) dissuadant Attila d'avancer sur Rome à Mantoue, aurait-il inspiré ce plus récent Léon face à un capitalisme primitif sauvage et sans attention pour le pauvre peuple.

Le temps était venu de s'armer plus d'humanisme que d'utopies gauchistes et d'offrir une troisième voie honnête intellectuellement et profitable pour tous. Le combat s'engageait d'abord contre cette barbarie des grands industriels de l'époque et mais aussi en marge des syndicats ouvriers résolument athées et collectivistes. Dans ces directions claires le pape sortira pour la première fois de sa réserve. Il dénoncera d'une part comme étant un mal « la concentration entre les mains de quelques-uns de l'industrie et du commerce, devenus le partage d'un petit nombre d'hommes opulents et de ploutocrates, qui imposent ainsi un joug presque servile à l'infinie multitude des prolétaires », et d'autre part il condamnera le socialisme comme n'étant pas un remède approprié.

 

Avant d'aborder le texte rappelons que nous devons à ce pape résolument moderne et d'une intelligence exceptionnelle:

- La relance des études thomistes

- Le toast porté à la république (française) qui annonce comme un ralliement au grand dam des royalistes de l'époque.

- Il fut le premier pape à être filmé (vers 1900!), à sa demande.

- Il mis fin aux états pontificaux mettant en accord le Vatican avec la réalité de la politique italienne

- Grand humaniste, il écrivit des poèmes latins remarquables.

 

26.02.2007

Ecce homo

Je ne sais pas si je dois, mais cela m'a vraiment touché et Jésus nous a bien dit de ne pas cacher nos lampes. Voilà ainsi un peu de lumière: c'est du François Bayrou, le président que j'ai choisi et que les Français choisiront aussi. C'est  un témoignage très rare de sa part car étant très laïc, il n'aime pas étaler sa religion en public.

« Je n’ai pas choisi de croire, je l’ai seulement accepté » medium_bay.jpg

« Depuis l’âge de quinze ans, la petite fille Espérance chère à Péguy ne m’a jamais lâché. » Pour François Bayrou, « le plus précieux chez un être humain, le plus important, c’est la capacité d’aimer. »

« J’ai cru très tôt et j’ai aimé croire. Il y avait une messe du petit matin, en semaine, que je devais servir, à laquelle j’assistais seul, le plus souvent. Pour aller de la maison à l’église, je coupais court à travers champ et j’aimais ce rendez-vous solitaire du petit matin. J’aimais cette présence et ce silence. Et tout cela s’est construit peu à peu, sans épreuve, sans nuit de doute, comme une évidence. »
« La foi est une grâce. C’est un cadeau gratuit, pour lequel il convient de dire merci. Sans doute suis-je naturellement un esprit religieux. Je vais à la messe et, dans la vie de tous les jours, je prie. J’aime le Notre Père et le Je vous salue Marie. J’aime que ces prières aient été dites des milliards de fois depuis des siècles par des femmes et des hommes pour qui elles étaient le suprême recours. Enfin, je médite avec ceux qui ne sont plus là et qui sont encore là, les morts présents dans notre vie aussi forts, plus forts peut-être que les vivants. »
« Dans le domaine de la foi, je ne suis ni un savant, ni un clerc, ni un exégète. Je suis un petit et je veux le rester. En politique, je suis un responsable : je dois justifier ce que je dis, ce que je crois, ce que je propose, ce que je fais. En religion, je ne prêche pas, je ne me donne pas en exemple, je ne suis pas un modèle : je fais seulement partie du peuple des croyants, je suis de la base la plus basique, je me tiens au fond de l’église, sans parler. »
« La foi n’arrête pas la pensée, elle la convoque, elle la suscite et elle l’entraîne ! Et à mes yeux la pensée ne chasse pas la foi, elle l’invite ! Vous ne pouvez pas croire avec la moitié de vous-même. La foi est faite pour être comprise et habitée. Et spécialement parce que toute religion suscite une anthropologie, une conception de l’homme. Par exemple, ce n’est pas rien de penser la communion des saints. Cette idée chrétienne qu’une personne peut assurer le salut d’une autre personne ! Si l’on accepte cette idée, cela veut dire que personne n’est étranger à l’autre, à son frère, à son prochain. »
« La vraie problématique de notre temps n’est pas celle de l’avoir, mais celle de l’être. Ce qui fait le malheur des temps, c’est l’absence de raisons de vivre ou de donner sa vie. Ce sont des choses qui concernent plutôt l’âme que la raison. Et le mal de l’âme provoque les maux de la raison. D’où vient le succès des sectes ? D’où vient la vague des drogues ? D’un manque immense qui trouble l’entendement, le discernement, et embourbe l’homme dans des dépendances où la raison se perd. Le spirituel assumé ouvre et libère la raison, la pousse à comprendre toujours plus profondément. L’intelligence, la logique, le sens critique, tout l’être humain est ainsi invité à s’assumer dans toutes ses dimensions de liberté. »
« Qu’est-ce d’autre que l’idée du bien sinon une boussole donnée pour nous guider, pour discerner la vérité ? Cette boussole, qui nous l’a donnée ? Au contraire, le Mal, le vrai Mal, ce n’est pas seulement quand la barbarie triomphe. Le mal absolu, c’est lorsque le Mal n’est plus perçu comme un mal. C’est lorsqu’il échappe à la conscience, comme le virus qui ne suscite plus d’anticorps. »